Adieu téléphone, vidéos et télévision par Internet. Une connexion de moins de un méga en 2010 dans la métropole lilloise, c'est possible !


Oui, cela existe et énerve beaucoup des maires qui reçoivent très régulièrement des plaintes de leurs administrés, qui ne comprennent pourquoi l'accès à la télévision numérique ou les téléchargements leur sont impossibles.


Le conseiller délégué à la vie numérique pour Halluin, Stéphane Bedleem, connaît le problème par coeur pour le vivre chez lui.


Il a animé une réunion mardi après-midi, qui a débouché sur une motion à destination de la communauté urbaine de Lille : « Nous voulons que ce problème soit pris à bras-le-corps, comme cela a été fait à Arras où tout le territoire est couvert », lance Stéphane Bedleem.


La grogne.


Hier (mardi 1er juin), ils étaient 1 311 Internautes à avoir signé l'appel Halluin : « A quand l'Internet haut débit ? », sur le site de Pierre Mickaël Marchand, militant acharné de la cause.


À l'heure de la télévision numérique, du téléchargement d'images, de musiques et de films, avoir une connexion de 512Kb/sec semble préhistorique. À Halluin, de multiples discussions se sont tenues entre élus et opérateurs, en particulier Stéphane Bedleem et France Télécom. Bilan : un dialogue de sourd.


Il y a quelques semaines, Jean-Luc Deroo, maire d'Halluin, a envoyé un courrier à l'ensemble des maires de la métropole pour les inviter à une réunion de travail. Ils sont plus d'une vingtaine à avoir répondu, dont Bousbecque et Wervicq, convaincus que l'union de leurs forces ferait réagir la communauté urbaine.


L'enjeu


Ils sont venus des quatre coins de la métropole lilloise, concevoir une motion à destination de LMCU pour que l'accès au très haut débit devienne une priorité : « Nous avons des gens qui pensent que c'est le maire qui ne veut pas l'installer, constate Martine Decocq, adjointe à Wasquehal.


Ce problème devient urgent pour développer l'e-administration, payer la cantine sur le site de la ville, par exemple. »


Certains soulèvent le problème des entreprises qui mettent comme condition l'accès au très haut débit pour venir s'installer sur une commune.




REUNION-JUIN

Stéphane Bedleem, à gauche, assisté de Pierre-Mickaël Marchand, avec des élus de la métropole.




L'exemple arrageois- Arras.


Un paradis numérique pour ces élus... Ils rêvent de suivre l'exemple de la communauté d'agglomération qui a investi quatre millions d'euros pour couvrir l'ensemble de son territoire : « Aujourd'hui, indique Stéphane Bedleem, il y a 18 opérateurs qui paient une redevance pour utiliser le réseau.


Chez nous, LMCU estime qu'elle n'a pas à se substituer aux opérateurs et depuis 2004, depuis qu'elle a pris la compétence télécommunication, rien n'a bougé. »


Les exigences.


Cette motion demande à LMCU la pose systématique de fourreaux lors des travaux de voirie pour laisser la possibilité d'y mettre de la fibre plus tard, un calendrier très précis, une commission spécifique qui puisse définir ce qui va être fait et comment, et une attention particulière aux aides qui viendront de l'Union européenne ou l'État pour ne pas laisser passer l'occasion de toucher des subventions.


La réponse de LMCU


« Nous avons choisi un cabinet d'étude qui, dès juillet, élaborera un schéma d'implantation numérique, explique Michel-François Delannoy, vice président en charge de la question à LMCU.


À l'automne, un séminaire est prévu avec toutes les communes, les acteurs économiques, la région et la phase opérationnelles commencera au 1er semestre 2011.


Nous sommes très sensibles à la question, car nous savons que l'accès au très haut débit est primordial pour les entreprises comme les particuliers.


Il y a eu, dans le passé, l'idée que les opérateurs couvriraient seuls le territoire mais nous voyons aujourd'hui qu'une intervention publique est nécessaire.


Les élus, qui définissent leurs communes comme « sinistrées », craignent que cette procédure prenne trop de temps face à leur volonté de développer l'e-administration ou l'accueil de nouvelles entreprises pour lesquelles l'accès au très haut débit arrive en 3e position dans l'ordre des priorités.




Article du Jeudi 03.06.2010, 06:00 - La Voix du Nord - Auteur : GEOFFROY DE SAINT GILLES - halluin@lavoixdunord.fr // Photo « LA VOIX » >