Objectif : établir un plan d'urgence face à la fracture numérique. Le haut débit pour tous, un devoir.


Partie en croisade il y a quelques mois déjà pour internet haut débit, Halluin a rallié à sa cause près d'une vingtaine de villes de la métropole lilloise hier. Wasquehal, Templemars, Ronchin, Santes, ou encore Vendeville et Baisieux...


Toutes ont un point commun, une traversée du désert numérique. Partout le même constat : des débits faméliques entre 10 et 25 fois inférieurs à ceux des mégalopoles. Des inégalités criantes qui ont le don d'agacer les particuliers.


À Halluin, par exemple, seuls 5% des connexions ont accès au haut débit.


Regarder la télévision sur internet ou télécharger un fichier ? C'est pour beaucoup mission impossible. Pour contourner le problème, les entreprises les plus mal loties doivent quant à elle débourser 400 euros par mois ! Quand leurs consoeurs papillonnent sur la planète entière avec l'offre grand public à 30 euros par mois.


« Cela décourage des entreprises de s'installer dans nos villes. Le haut débit n'est certainement pas un luxe. J'ai des remarques tous les jours sur ce sujet. Je suis au Sud de Lille, je ne suis pas dans l'Aveyron ! », remarquait un élu de Templemars.


Pour Martine Decocq, adjointe au maire de Wasquehal en charge de la démocratie active et de la communication, ces disparités mettent toute la communication d'une ville à la traîne : «'' C'est frustrant de ne pas pouvoir se mettre à la page sur le plan de la e-admnistration qui est devenue naturelle dans le public. L'échange entre les élus et les administrés en pâtit. »''




REUNION-JUIN

La motion décidée hier sera votée dans 17 villes de la métropole en faveur d'un plan d'urgence au niveau communautaire.




Un avis partagé par Jean-François Duchemin, adjoint aux finances et TIC, à Vendeville90% des connexions sont en dessous de 2Mbits : « Nous avons une école primaire pilote au niveau informatique, il lui est impossible de travailler en ligne. Il faudrait faire appel à des sociétés extérieures mais ce serait bien trop onéreux. Il y a un tel décalage entre les besoins des communes et la lucidité de la communauté urbaine. »


Arras a investi dans son propre réseau


Mettre la communauté urbaine, propriétaire des réseaux de télécommunications depuis 2004, face à ses responsabilités est le mot d'ordre adopté hier par les différentes villes. Les élus disent stop à l'hégémonie des opérateurs qui font la pluie et le beau temps sur le marché.


L'exigence est celle d'un plan métropolitain de fibre optique qui devra partir des périphéries vers les grandes villes, et non l'inverse.


Stéphane Bedleem, conseiller municipal à la ville numérique, mène la fronde avec conviction : « Nous demandons un plan clair qui ne doit pas être influencé par les opérateurs.


Il aurait été plus judicieux de dépenser les 50 millions d'euros qui doivent faire venir le canal devant le palais de justice pour venir au secours de nos villes sinistrées» Les élus engagés dans ce lobbying aimeraient que Lille métropole s'inspire de l'exemple arrageois.


Pour se doter du très haut débit, la communauté de communes d'Arras, représentée hier, a financé ses propres réseaux pour un budget de 5 millions d'euros. 18 opérateurs étaient sur les rangs. De quoi restaurer une saine concurrence.




Article du Mercredi 02.06.2010, 06:00 - Nord Eclair - Auteur : ANGÉLIQUE DA SILVA-DUBUIS